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Foire aux questions sur le bilinguisme

Les questions-réponses de cet article sont adaptées au contexte du bilinguisme français/breton, mais correspondent également à des questionnements concernant d'autres types de bilinguisme.

Je ne parle pas breton : est-ce que je peux quand même inscrire mon enfant dans un cursus bilingue ?

Il n’est pas nécessaire d’être soi-même brittophone pour pouvoir inscrire son enfant en crèche ou en filière bilingue.
En réalité, aujourd’hui la très grande majorité des parents dont les enfants fréquentent les filières bilingues ne parlent pas breton. Les enfants deviennent facilement bilingues même si à la maison on ne parle qu’une langue.

Comment faire si je viens de déménager et que mon enfant n’est pas allé en crèche ou en filière bilingue jusque là parce que nous habitions dans une commune qui ne disposait pas d’offre d’enseignement bilingue ?

Dans les écoles maternelles, il est toujours possible d’inscrire votre enfant. Après le CP, cela peut être un peu plus difficile. Prenez le temps d’en parler avec l’équipe pédagogique, la motivation de l’enfant ou des familles est un élément important qui peut aider à rattraper le temps perdu.

Existe-t-il d’autres façons pour que mon enfant apprenne le breton à l’école ?

Des modules d’initiation à la langue bretonne existent en écoles primaires, essentiellement en Finistère (pour avoir la liste complète des établissements concernés, entrez en contact avec l’Office Public).
Cette initiation est le plus souvent délivrée sous forme d’1 heure et 1/2 par semaine au travers de comptines, chansons et autres jeux proposés par un animateur.
Cependant, on ne peut parler d’éducation bilingue à ce niveau.

Que se passe-t-il après le primaire bilingue ?

La continuité se fait naturellement entre le primaire et le secondaire bilingue. Les capacités d’expression des enfants s’enrichissent considérablement. C’est à partir du secondaire que les bases acquises au primaire sont vraiment assimilées pour tout le restant de la vie.
L’enseignement approfondi d’autres matières par le biais d’une deuxième langue ouvre aux enfants les portes d’une expression plus variée.
Le nombre de collèges dispensant un enseignement bilingue breton-français croit d’année en année.

Comment faire pour que mon enfant puisse tirer tout le profit du bilinguisme ?

Il est surtout important que vous lui apportiez votre soutien à la maison.
Si vous parlez breton, vous pourrez :
• lire avec votre enfant et l’écouter lire,
• parler de sujets aussi divers les uns que les autres – son vocabulaire s’enrichira d’autant,
• montrer tout votre intérêt pour le travail qu’il a à faire à la maison. Proposez-lui votre aide si nécessaire, sans prendre sa place bien évidemment !
Si vous ne parlez pas breton, ne vous inquiétez pas.
Vous pourrez quand même l’aider en :
• utilisant des livres bilingues - le texte en français vous permettra de situer l’histoire,
• n’hésitez pas à prendre des livres simples en langue bretonne. Votre enfant sera très content de vous aider à apprendre à lire en breton ! Il existe également des livres accompagnés d’un enregistrement, cela vous aidera sûrement,
• n’oubliez pas que les enfants adorent parler des images qu’ils voient au fil des pages ; aidez-les dans la langue qui vous met le plus à l’aise,
• le plus souvent, lorsqu’il y a des devoirs à faire à la maison, les instructions sont bilingues. Laissez votre enfant vous expliquer ce qu’il a à faire à partir de ces quelques phrases – c’est toujours valorisant pour lui.

 

Et moi, est-ce qu’il n’est pas trop tard pour que je m’y mette ?

 

Il n’est jamais trop tard, ni pour vous, ni pour votre conjoint. Apprendre en même temps que votre enfant renforcera votre envie d’aller de l’avant et vous verrez que vous aurez tous du plaisir à avancer ensemble ! Il existe des cours et des formations dans près de 200 communes, vous n’aurez donc aucun souci à trouver la formation qui vous convient.
Sachez également que parmi les différents organismes qui vous aideront dans votre apprentissage, certains proposent des cursus spécialement adaptés aux parents d’enfants inscrits dans les filières bilingues.

 

                              foire aux questions de Office de la langue bretonne

         Textes de la rubrique par L'office            Public de la langue Bretonne

J’entends souvent parler de Diwan, d’enseignement immersif, d’enseignement bilingue à parité horaire : quelles sont les différences ?

Les écoles Diwan (“Le germe”) existent depuis 1977. Il s’agit d’un réseau d’écoles associatives bilingues qui proposent un cursus complet de la maternelle à la terminale. Les programmes sont ceux de l’Education Nationale. Pionnières en Bretagne en matière de bilinguisme, les écoles Diwan utilisent la pédagogie de l’immersion mise au point par les écoles françaises du Québec. Cette pédagogie permet de créer un environnement favorable à l’expression naturelle de la langue en dehors des cours.
Elle permet ainsi de contrebalancer la forte présence du français en dehors de l’école et souvent à la maison.
Depuis 1982, l’Education Nationale met en place des classes bilingues au sein de ses établissements. Les enseignements sont dispensés en breton et en français selon le principe de la parité horaire.
L’apprentissage de la lecture y est développé de manière parallèle dans les deux langues.
Depuis 1990, les écoles catholiques disposent également de classes bilingues, selon le principe de la parité horaire.
Les évaluations pratiquées en fin de CM2 par les Inspections Académiques ont permis de montrer que les enfants scolarisés dans ces 3 filières avaient le même niveau de français que les enfants des écoles monolingues.

Et pourquoi pas l’anglais plutôt que le breton ?

D’abord bien sûr parce que l’on est en Bretagne, que le breton est une langue à part entière, qui fait partie du patrimoine de l’humanité, et qu’il est de notre responsabilité d’agir pour qu’elle puisse continuer à s’épanouir en étant transmises aux générations futures.
Mais aussi parce que les linguistes ont démontré que le bilinguisme ne peut fonctionner que s’il s’enracine dans le vécu des enfants. Il faut partir des langues proches du cœur. Une fois acquis les réflexes de passage naturel d’une langue à l’autre, l’enfant pourra beaucoup plus facilement apprendre d’autres langues car plus l’on connaît de langues, plus il est possible d’en apprendre de nouvelles.
Par exemple le système phonologique du breton est plus riche que celui du français. Les enfants pourront donc apprendre à prononcer en breton des sons qui n’existent pas en français et qu’ils vont retrouver dans d’autres langues comme l’allemand, l’anglais ou l’espagnol.
Enfin, le “tout anglais” ne va pas dans le sens du multilinguisme qui est une richesse en Europe et tout particulièrement en France.

“L’apprentissage précoce d’une langue régionale incitera l’enfant à acquérir des langues étrangères. Cet itinéraire conduira ces enfants multilingues à être les européens de demain. [Par contre], l’anglais, étant donné son statut officieux de langue universelle dissuade d’apprendre d’autres langues” > Claude Hagège ; L’enfant aux 2 langues

2 langues pour mon enfant, ce n’est pas trop à son âge ?

De nombreux préjugés ont longtemps circulé en France à propos du multilinguisme ce qui explique un certain retard dans ce domaine comparé aux autres pays européens. L’un des préjugés les plus répandus consistait à s’inquiéter pour l’enfant qui serait littéralement surchargé par la coexistence de 2 langues dans son cerveau tant et si bien qu’à la fin, tout se mélangerait dans sa tête. En fait, 30 ans d’expérience de bilinguisme en Bretagne et ailleurs (Québec, pays de Galles…) ont prouvé que c’était exactement le contraire.
Aujourd’hui, plus encore que ces expériences fructueuses, les progrès de la neurologie et de l’imagerie médicale démontrent que le bilinguisme précoce loin d’embrouiller les esprits favorise bien au contraire l’épanouissement.

“Chez les jeunes enfants, il y a énormément de neurones et les connections se font donc beaucoup plus facilement que chez l’adulte. Tous les neurones qui ne sont pas utilisés chez l’enfant finissent par disparaître. On a donc tout intérêt à exploiter les facultés du cerveau plutôt que de prétendre que ce serait une surcharge.” > Nathalie Richard, ortophoniste

Comment se fait la liaison entre l’enseignement bilingue et l’enseignement monolingue si mon enfant est amené à rejoindre le système monolingue par la suite ?

Il n’y a pas de problèmes, les programmes d’enseignement des 3 filières bilingues sont ceux de l’Education Nationale. Les services du Rectorat veillent d’ailleurs scrupuleusement à ce que les enfants bilingues aient le même niveau en français que les enfants qui sont dans l’enseignement monolingue francophone. Le seul problème en vérité, c’est que votre enfant ne bénéficiera plus des atouts du bilinguisme. Alors, s’il vous arrive de déménager dans une ville non pourvue en offre bilingue, adressez-vous à l’Office Public pour que votre enfant puisse continuer à avoir la chance d’être bilingue !

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Region Bretagne soutient la campagne de bilinguisme     Le Conseil Général du Finistère soutient la campagne de bilinguisme