Bonne année en breton : bloavezh mat, prononciation et vœux
Bloavezh mat : voici comment souhaiter une bonne année en breton, avec la prononciation détaillée, les vœux traditionnels bretons et les autres formules de saison à connaître.

Chaque début janvier, la même question revient chez les amoureux de la Bretagne : comment souhaiter une bonne année en breton ? La réponse tient en deux mots devenus emblématiques, « bloavezh mat ». Cette formule s'affiche sur les cartes de vœux, s'échange sur les marchés, s'entend à la radio et se glisse dans les messages envoyés aux proches. Derrière ces deux mots se cache pourtant bien plus qu'une simple traduction : une prononciation qui intrigue, des vœux traditionnels transmis de génération en génération et tout un vocabulaire de saison qui raconte la culture bretonne. Que vous souhaitiez épater votre famille au réveillon, écrire un mot chaleureux à un ami finistérien ou simplement enrichir votre connaissance de la langue bretonne, ce guide vous donne toutes les clés : la signification exacte de bloavezh mat, sa prononciation détaillée, les formules longues héritées de la tradition et les expressions voisines à connaître pour les fêtes.
Bloavezh mat : la formule essentielle pour souhaiter une bonne année en breton
Pour dire « bonne année » en breton, on emploie l'expression bloavezh mat. Elle se compose de deux éléments très simples. Le premier, « bloavezh », désigne l'année dans sa durée, l'année que l'on traverse et que l'on vit. Le second, « mat », signifie « bon » ou « bonne ». Littéralement, bloavezh mat se traduit donc par « bonne année », exactement comme en français.
Petite subtilité intéressante pour les curieux : le breton distingue « bloaz », l'année comme unité de temps que l'on compte (on l'utilise par exemple pour donner un âge), et « bloavezh », l'année vécue, envisagée dans son déroulement. C'est bien cette seconde forme que l'on retrouve dans les vœux, puisque l'on souhaite à quelqu'un de passer une bonne année, du premier janvier au trente et un décembre.
La formule s'enrichit facilement selon la personne à qui l'on s'adresse :
- Bloavezh mat deoc'h : bonne année à vous (forme de politesse ou pluriel) ;
- Bloavezh mat dit : bonne année à toi (tutoiement) ;
- Bloavezh mat d'an holl : bonne année à tous, idéale pour un message collectif.
Ces déclinaisons suffisent à couvrir la quasi-totalité des situations, du texto envoyé à un ami au discours du maire lors des vœux de la commune. Si vous souhaitez aller plus loin que les vœux de janvier, un détour par les expressions courantes en breton vous permettra de compléter votre répertoire avec des phrases utiles toute l'année.
Comment prononcer bloavezh mat correctement
C'est souvent là que les choses se compliquent pour les non-initiés : ce « zh » final dans « bloavezh » a de quoi dérouter. Rassurez-vous, la prononciation est plus simple qu'il n'y paraît.
La prononciation la plus répandue
Dans la majeure partie de la Bretagne bretonnante, « bloavezh mat » se prononce approximativement « blo-A-vez mat ». Quelques repères pour vous guider :
- « blo » se dit comme dans « bloc », sans le c ;
- l'accent tonique tombe sur l'avant-dernière syllabe, donc sur le « a » du milieu : bloAvezh ;
- le « zh » se prononce ici comme un simple « z » ;
- le « t » final de « mat » se fait clairement entendre, contrairement au français où l'on aurait tendance à l'avaler.
En liant le tout, on obtient quelque chose comme « blwa-vèz mat », prononcé d'un trait, avec un rythme franc et chantant.
Le fameux zh, une lettre qui raconte les dialectes bretons
Ce digramme « zh », que l'on retrouve aussi dans « Breizh » (la Bretagne), est une convention d'écriture astucieuse adoptée dans l'orthographe unifiée du breton. Il signale qu'un même mot se prononce différemment selon les régions : avec un son « z » dans les parlers du nord et de l'ouest (Léon, Trégor, Cornouaille), et plutôt avec un son proche du « h » dans le pays vannetais, au sud-est de la zone bretonnante. Un locuteur de Vannes dira donc quelque chose comme « blo-a-weh mat », là où un Léonard dira « blo-a-vez mat ». Les deux sont parfaitement corrects : le zh permet justement d'écrire le mot d'une seule façon tout en respectant toutes les manières de le dire.
Inutile donc de viser une prononciation parfaite et unique : elle n'existe pas. Prononcez « blo-a-vez mat » avec assurance et le sourire, votre vœu sera compris et apprécié partout en Bretagne.
Les vœux traditionnels du Nouvel An en Bretagne
Souhaiter la bonne année en Bretagne ne s'est jamais limité à deux mots. La tradition orale a transmis des formules plus longues, véritables petits concentrés de sagesse populaire, que les anciens échangeaient au moment des étrennes.
La grande formule héritée des anciens
La plus célèbre de ces formules associe trois souhaits en une seule phrase : une bonne année, la santé, et une fin heureuse. On la rencontre sous des variantes proches selon les terroirs, dont celle-ci, très répandue :
- Bloavezh mat, yec'hed ha prosperite, ha d'ar baradoz e fin ho puhez : bonne année, santé et prospérité, et le paradis à la fin de votre vie.
Cette formule dit beaucoup de la culture bretonne traditionnelle : on y souhaite d'abord les biens de ce monde (une bonne année, la santé, la prospérité), puis on élargit le vœu jusqu'à l'au-delà, avec une pointe de solennité et souvent un sourire complice. Aujourd'hui encore, certains l'emploient dans son intégralité, notamment lors des vœux en famille ou dans les fêtes de pays, tandis que d'autres se contentent de la première partie, « bloavezh mat, yec'hed ha prosperite ».
Étrennes et chants de quête du Nouvel An
Le jour de l'an était autrefois un moment fort de la vie sociale bretonne. Dans de nombreuses communes, les enfants passaient de maison en maison au moment du Nouvel An pour présenter leurs vœux en chantant, recevant en échange des étrennes : pièces, fruits, crêpes ou friandises selon les foyers. Ces tournées de quête, attestées sous différents noms selon les régions de Bretagne, s'inscrivent dans une tradition très ancienne que l'on retrouve, sous d'autres formes, dans une grande partie de l'Europe rurale. Les enfants remerciaient alors leurs hôtes avec les mots d'usage : savoir dire merci en breton faisait naturellement partie du rituel, la politesse étant au cœur de ces échanges de vœux.
Autre usage à connaître : comme en français, les vœux bretons ne se limitent pas au premier janvier. Il est d'usage de souhaiter bloavezh mat tout au long du mois de janvier, à chaque première rencontre de l'année avec un parent, un voisin ou un collègue. Ne soyez donc pas surpris d'entendre la formule à la mi-janvier sur un marché du Finistère ou du Morbihan.
Noël, santé, meilleurs vœux : les autres formules bretonnes de saison
La période des fêtes ne se résume pas au Nouvel An, et le breton dispose d'un petit lexique de saison qui complète très bien bloavezh mat.
Joyeux Noël et vœux combinés
Pour souhaiter un joyeux Noël, on dit Nedeleg laouen : « Nedeleg » désigne Noël et « laouen » signifie joyeux, content. Sur les cartes de fin d'année, les deux vœux sont très souvent combinés en une seule formule : Nedeleg laouen ha bloavezh mat, c'est-à-dire « joyeux Noël et bonne année », le petit mot « ha » jouant le rôle du « et » français. C'est la formule idéale si vous envoyez vos vœux avant le vingt-cinq décembre.
Lever son verre à la nouvelle année
Impossible d'évoquer les fêtes bretonnes sans parler du toast. Au moment de trinquer au réveillon, on ne dit pas bloavezh mat mais yec'hed mat, littéralement « bonne santé ». C'est l'équivalent breton de « santé ! » ou « à la vôtre ! », et sans doute l'une des expressions bretonnes les plus connues au-delà des frontières de la région, popularisée par les fest-noz, les festivals et les crêperies. Pour maîtriser ce rituel dans les règles de l'art, prononciation comprise, consultez notre article dédié à l'art de trinquer en breton avec yec'hed mat.
Meilleurs vœux et nouvelle année
Quelques mots supplémentaires vous seront utiles pour varier vos formulations :
- ar bloavezh nevez : la nouvelle année (« nevez » signifie nouveau) ;
- gwellañ hetoù : meilleurs vœux (« hetoù » désigne les vœux, les souhaits) ;
- gwellañ hetoù evit ar bloavezh nevez : meilleurs vœux pour la nouvelle année, une formule plus habillée, parfaite à l'écrit ;
- levenez : la joie, et yec'hed : la santé, deux mots que l'on glisse volontiers dans les vœux.
Avec ce petit bagage, vous pouvez composer des vœux sur mesure : « Nedeleg laouen ha bloavezh mat, gwellañ hetoù evit ar bloavezh nevez » couvrira élégamment toute la période des fêtes.
Écrire et répondre à des vœux en breton
Recevoir un « bloavezh mat » appelle une réponse, et écrire ses vœux demande quelques repères supplémentaires. Voici de quoi faire bonne figure dans les deux situations.
Répondre à quelqu'un qui vous souhaite bloavezh mat
La réponse la plus naturelle consiste à retourner le vœu :
- Bloavezh mat deoc'h ivez : bonne année à vous aussi ;
- Dit ivez : à toi aussi, en réponse rapide et familière ;
- Trugarez, ha bloavezh mat deoc'h : merci, et bonne année à vous.
Le petit mot « ivez », qui signifie « aussi », est la clé de ces réponses : il vous permet de renvoyer n'importe quel vœu à votre interlocuteur sans effort.
Signer une carte de vœux comme un Breton
À l'écrit, sur une carte ou dans un message, la tradition veut que l'on termine par une formule chaleureuse. La plus belle est sans doute « a galon », qui exprime un sentiment sincère venant du cœur : nous lui avons consacré un article complet sur la signification de a galon en breton. Une carte de vœux type pourrait ainsi ressembler à ceci : « Nedeleg laouen ha bloavezh mat d'an holl ! Gwellañ hetoù evit ar bloavezh nevez. A galon. » Simple, authentique et du plus bel effet auprès de vos amis bretonnants.
Un dernier conseil pour vos messages : n'ayez pas peur des fautes. Les brittophones savent que la langue se transmet aussi par ces petits gestes, et un « bloavezh mat » un peu hésitant fera toujours plus plaisir qu'un vœu standardisé. L'essentiel est l'intention, et la langue bretonne vit précisément de ces usages du quotidien.
Bloavezh mat : ce qu'il faut retenir
Souhaiter une bonne année en breton, c'est donc dire bloavezh mat, prononcé « blo-a-vez mat », en y ajoutant si l'on veut « deoc'h » (à vous), « dit » (à toi) ou « d'an holl » (à tous). Les plus ambitieux opteront pour la grande formule traditionnelle qui souhaite l'année bonne, la santé, la prospérité et même le paradis en fin de vie, tandis que les cartes de fêtes combineront « Nedeleg laouen ha bloavezh mat ». Vous voilà prêt à passer le cap de l'an dans les règles de l'art breton. Et si l'envie d'aller plus loin vous prend, poursuivez la visite : les autres articles du site vous attendent pour explorer les salutations, les mots doux et toutes les richesses de la langue bretonne. Bloavezh mat d'an holl !
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