Nom des côtes bretonnes : le tour complet du littoral de Bretagne
Côte d'Émeraude, Côte de Granit Rose, Côte des Abers, Côte Sauvage… Découvrez tous les noms des côtes bretonnes, leur localisation et ce qui les rend uniques.

Côte d'Émeraude, Côte de Granit Rose, Côte des Abers, Côte Sauvage : ces noms désignent des tronçons précis du littoral breton, qui compte près de 2 800 kilomètres de côtes selon le tracé fin, l'un des plus découpés d'Europe : caps, abers, rias, presqu'îles, baies. Offices de tourisme, géographes et habitants ont baptisé chacun d'eux. Les voici tous, d'est en ouest puis vers le sud, avec pour chacun sa localisation, son paysage et son incontournable.
Un mot de vocabulaire d'abord. La Bretagne se divise en deux espaces : l'Arvor, « pays de la mer », tout le territoire côtier baigné par l'Atlantique et la Manche ; l'Argoat, « pays des bois », l'intérieur couvert jadis de forêts denses. Cette dualité structure la géographie et l'identité bretonnes depuis des siècles. C'est l'Arvor qui nous occupe ici.
Départ à la frontière normando-bretonne, à l'est. Remontée vers le nord et le Finistère. Puis descente vers le sud, le long du golfe de Gascogne, jusqu'aux limites de la Bretagne administrative.
De Saint-Malo au pays de Saint-Brieuc
La Côte d'Émeraude
C'est le nom de côte breton le plus célèbre. Il couvre le littoral de Saint-Malo au cap Fréhel : Dinard, Saint-Lunaire, Saint-Briac-sur-Mer, Lancieux, Sables-d'Or-les-Pins. Le nom vient du vert intense que prennent les eaux à marée basse, quand les algues des rochers affleurent. Les premières photos touristiques du XIXe siècle ont fixé cette teinte émeraude, et les offices de tourisme s'en servent encore.
La côte est rocheuse, faite de falaises de grès rose et rouge que coupent de larges plages de sable blanc, découvertes en grand par les marées bretonnes. L'incontournable absolu : le cap Fréhel. Ses falaises de grès pourpre tombent de près de 70 mètres, gardées par des phares depuis plusieurs siècles. Par temps clair, la vue à 180° porte jusqu'aux îles Anglo-Normandes.
La Côte de Penthièvre
Du cap Fréhel aux abords de Saint-Brieuc, par Erquy, Le Val-André et Dahouët. Le nom renvoie au comté de Penthièvre, l'un des grands fiefs médiévaux bretons. Le cap d'Erquy en est le joyau, avec ses landes à ajoncs, ses carrières de grès rose en partie préservées et ses falaises roses que longe l'une des plus belles randonnées côtières des Côtes-d'Armor.
Ici, les estrans sableux sont immenses. La plage de Val-André compte parmi les plus longues d'Armor. Les havres naturels abritent les pêcheurs de coquilles Saint-Jacques : le golfe de Saint-Brieuc est le premier gisement de France.
La Côte de Goëlo
Elle occupe la baie de Saint-Brieuc orientale et file vers Paimpol et l'île de Bréhat. Le Goëlo est un ancien pays naturel breton ; son littoral alterne falaises boisées, criques discrètes et ports pittoresques. Paimpol en est la capitale, rendue célèbre par les Islandais, ces pêcheurs partis vers les eaux froides que racontait Pierre Loti. L'abbaye de Beauport, ruine cistercienne posée face à la mer, est l'un des monuments les plus photographiés du département.
Notre guide sur les excursions insolites dans les Côtes-d'Armor recense d'autres sites méconnus de ce littoral.
Trégor et granit rose
La Côte de Granit Rose
L'appellation la plus internationale du littoral breton. Une vingtaine de kilomètres dans le Trégor, de Perros-Guirec à Trébeurden, par Ploumanac'h et Trégastel. Le nom est une évidence géologique : le granite de ces rochers contient des feldspaths roses dont la teinte s'intensifie au soleil couchant, jusqu'à l'orangé profond.
Rochers en équilibre, tortues, tas de crêpes, champignons de pierre : ces formes viennent d'une érosion millénaire par le vent, la pluie et le sel. Le sentier des Douaniers, entre Perros-Guirec et Ploumanac'h, est l'un des plus courus de Bretagne. L'incontournable : le phare de Mean Ruz, « pierre rouge » en breton, posé à même les rochers, accessible à pied depuis la plage de Saint-Guirec.
La Côte des Ajoncs
Moins connue que sa voisine, elle longe le secteur de Lannion et entre Trébeurden et Locquirec. Les ajoncs épineux couvrent les landes côtières et les couvrent de fleurs dorées au printemps, spectacle propre aux côtes exposées aux vents d'ouest. Plus sauvage, moins fréquentée : longues plages de sable fin, dunes préservées, criques accessibles à pied.
Le Léon et le pays de Lesneven
La Côte des Légendes
Le littoral du pays de Lesneven, entre Brignogan-Plages et l'estuaire de l'Aber Wrac'h. L'appellation est officiellement utilisée par l'office de tourisme local, et elle est méritée : korrigans, feux follets, processions de la mort avec l'Ankou, contes de mer ont prospéré ici dans la tradition orale. Brignogan est connue pour ses chaos granitiques sur la plage et son menhir christianisé, le Men Marz, « la pierre miraculeuse ».
Plages peu fréquentées, eaux froides mais limpides, sentiment d'isolement réel. Le contraste avec la Côte de Granit Rose, toute proche sur la carte, est saisissant.
La Côte des Abers
De l'Aber Wrac'h à l'Aber Ildut, en passant par l'Aber Benoît. Un *aber* est un estuaire en breton : ces rias profondes découpent la côte et créent des havres où l'eau douce se mêle à l'eau salée. Le paysage n'a pas d'équivalent en France : bras de mer étroits bordés de végétation rase, plages en fond d'estuaire, cales de granit couvertes d'algues.
L'île Vierge, accessible depuis l'Aber Wrac'h, porte le phare le plus haut d'Europe, 82,5 mètres. La presqu'île Sainte-Marguerite est réputée pour ses dunes et ses oiseaux marins. C'est aussi l'une des zones bretonnes les plus importantes pour la mytiliculture et l'ostréiculture.
La pointe bretonne et la Cornouaille
La Côte de Cornouaille
La Cornouaille est d'abord un pays historique et culturel, le sud du Finistère autour de Quimper. Son littoral, la Côte de Cornouaille, va de la baie de Douarnenez à la pointe de Penmarc'h, par le cap Sizun et la baie d'Audierne. Les offices de tourisme emploient les deux appellations, celle du pays et celle de la côte.
La pointe du Raz, classée Grand Site de France, en est l'emblème : une lame de granit plongeant dans la mer d'Iroise, battue par les courants et les vents, face à l'île de Sein et au phare de la Vieille. C'est l'un des sites naturels les plus visités de Bretagne. Plus au sud, les grandes plages de la baie d'Audierne, à Penmarc'h et Pors-Carn, alignent des kilomètres de sable blond face au large.
Notre sélection des plages secrètes du Finistère complète ce panorama par des criques moins connues du même tronçon.
Le sud : Morbihan et presqu'île de Quiberon
La Côte des Mégalithes
Elle longe la baie de Quiberon entre Locmariaquer et Étel, avec Carnac en son cœur. Le nom est une description géographique rigoureuse : nulle part ailleurs en Europe la concentration de mégalithes en bord de mer n'atteint cette densité. Les alignements de Carnac, près de 3 000 menhirs disposés en lignes sur plusieurs kilomètres, forment le plus grand ensemble mégalithique connu au monde.
Au-delà de Carnac, tumulus, dolmens et menhirs isolés se croisent au détour des chemins côtiers. L'office de tourisme de la baie de Quiberon structure toute son offre autour de cette appellation.
La Côte Sauvage de Quiberon
Le flanc occidental de la presqu'île de Quiberon, exposé aux vents d'ouest et à la houle atlantique. Moins de quinze kilomètres qui concentrent la beauté dramatique du littoral breton : falaises déchiquetées, grottes marines, rouleaux d'écume, ajoncs accrochés aux pentes, presque aucun aménagement touristique.
La baignade y est interdite, les courants sont violents. La randonnée sur le GR 34, elle, est extraordinaire. L'expression « Côte Sauvage » sert partout en Bretagne à qualifier un tronçon peu aménagé : on la trouve au cap Sizun ou à Belle-Île. C'est la version quiberonnaise qui s'est imposée comme appellation touristique.
Sur les endroits les moins fréquentés du secteur, voir notre guide des plages cachées côté Côte Sauvage.
La Côte d'Amour, et une question bretonne
De La Baule à Pornic, la Côte d'Amour revient souvent quand on parle de Bretagne. Géographiquement, elle est en Loire-Atlantique, département rattaché aux Pays de la Loire depuis la réforme de 1956, donc hors Bretagne *administrative*. Mais la Loire-Atlantique appartient à la Bretagne historique : elle formait le département de la Loire-Inférieure dans l'ancienne province, et le mouvement de réunification réclame son retour. La Baule, La Turballe, Le Pouliguen sont bretonnes par la culture et par l'histoire, sinon par l'administration. Les Bretons ne l'oublient pas.
Toutes les côtes d'un coup d'œil
| Nom de la côte | Département | Villes repères | Caractéristique |
|---|---|---|---|
| Côte d'Émeraude | Ille-et-Vilaine (35) | Saint-Malo, Dinard, Cap Fréhel | Eaux vertes, falaises de grès rouge |
| Côte de Penthièvre | Côtes-d'Armor (22) | Erquy, Val-André, Saint-Brieuc | Caps roses, gisements de coquilles Saint-Jacques |
| Côte de Goëlo | Côtes-d'Armor (22) | Paimpol, île de Bréhat | Falaises boisées, ports de pêche historiques |
| Côte de Granit Rose | Côtes-d'Armor (22) | Perros-Guirec, Ploumanac'h, Trébeurden | Granite rose sculpté, chaos de rochers |
| Côte des Ajoncs | Côtes-d'Armor (22) | Lannion, Locquirec | Landes à ajoncs, plages sauvages |
| Côte des Légendes | Finistère (29) | Brignogan-Plages, Lesneven | Chaos granitiques, traditions légendaires |
| Côte des Abers | Finistère (29) | Aber Wrac'h, Aber Benoît, Aber Ildut | Estuaires bretons, phare de l'île Vierge |
| Côte de Cornouaille | Finistère (29) | Douarnenez, Pont-Croix, Audierne | Caps, pointe du Raz, baie d'Audierne |
| Côte des Mégalithes | Morbihan (56) | Carnac, Locmariaquer, Étel | Alignements mégalithiques, menhirs, dolmens |
| Côte Sauvage | Morbihan (56) | Quiberon | Falaises battues par l'Atlantique, GR 34 |
| Côte d'Amour | Loire-Atlantique (44)* | La Baule, Le Pouliguen, Pornic | *Hors Bretagne admin., Bretagne historique |
Arvor et Argoat
Les côtes nommées appartiennent toutes à l'Arvor, de *ar* (le) et *mor* (mer) : le pays de la mer, où l'on a vécu de tout temps tourné vers l'Atlantique. Pêche, commerce maritime, voyages vers l'Islande ou Terre-Neuve, construction navale.
L'Argoat, de *ar* et *koad* (bois, forêt), est l'autre Bretagne : forêts, landes, monts d'Arrée, Montagnes Noires. Presque absente de l'image touristique, c'est pourtant là que les traditions, la langue, les pardons, la musique et les légendes se sont le mieux conservés.
La tension entre les deux est au cœur de l'âme bretonne, *a galon*, comme on dit ici : de tout cœur.
Quelques repères pour parcourir tout ça
Le GR 34
Le GR 34, dit sentier des Douaniers, longe la quasi-totalité du littoral breton sur plus de 2 000 kilomètres, de Saint-Malo à Saint-Nazaire. Il traverse toutes les côtes décrites ici, ce qui en fait le fil le plus simple pour passer de l'une à l'autre, à pied ou à vélo sur les tronçons qui s'y prêtent.
Ce que chaque département doit à la mer
L'Ille-et-Vilaine (35) n'a qu'un tronçon côtier, court mais précieux : la Côte d'Émeraude. Les Côtes-d'Armor (22), dont le nom dit déjà la mer, ont le littoral le plus varié. Le Finistère (29), « la fin de la terre » en latin, est la pointe avancée de la péninsule, la plus exposée. Le Morbihan (56), « petite mer » en breton pour son golfe, joint un espace marin intérieur unique à un littoral atlantique puissant.
Combien de temps prévoir
Deux semaines au minimum pour toutes les côtes nommées. Notre guide complet du road-trip en Bretagne propose des itinéraires par durée et par thème, et le guide sur les villages côtiers du Finistère hors sentiers battus recense les escales discrètes.
Ce que ces noms racontent
Aucun n'est une étiquette marketing. Chacun dit une géologie, granite rose ou grès rouge ; une histoire, Penthièvre, Cornouaille, Goëlo ; un paysage végétal, ajoncs, abers ; ou une ambiance, Côte Sauvage, Côte des Légendes.
*Degemer mat* sur ces rivages.
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